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Le Dossier

La crise des agriculteurs... état dans le Cambrésis

1 - Pourquoi cette crise ? Quelles conséquences dans le Cambrésis ?


Début janvier 2016, nous avions prévu de rencontrer des élus du conseil régional Nord-Pas-de-Calais-Picardie pour notre dossier spécial sur les Élections Régionales 2015. Nous venions de terminer un entretien avec Agnès Caudron, agricultrice, membre du Front National et du Rassemblement Bleu Marine dans les locaux de Planète FM, à la Citadelle d’Arras, quand cette dernière, nous fit part de ses préoccupations : celle de sa profession, « Je peux vous dire une chose : vous entendrez parler des agriculteurs dans quelques jours. Cela fera la « une » pendant plusieurs mois. La situation des agriculteurs aujourd’hui est dramatique. » Ce constat est alarmant et nous nous sommes empressés de prendre contact avec des organisations syndicales du Pas-de-Calais et du Nord. Tous sont abasourdis : cette profession n’est pas écoutée, cette profession se heurte à un mur, cette profession « se meurt », disent-ils : aujourd’hui, elle représente une part minime de l’emploi total en France (3%, source Le Monde du 28/02/2016). Lait, porc et boeuf, les principales filières de l'élevage français sont en crise, sur fond de guerre des prix dans les supermarchés, effets aggravés par la surproduction, l'effondrement des cours mondiaux et l'embargo russe. Après une embellie en 2014, les prix du lait sont repartis à la baisse depuis décembre, dépréciés par la fin des quotas européens le 1er avril 2015, après 30 ans de régulation, et par l'embargo russe sur les produits agroalimentaires, ce qui a contribué à engorger le marché européen. En parallèle, la demande chinoise, en pleine croissance depuis 2010, s'est brusquement réduite de moitié, « Je me suis installé il y a 11 ans, motivé comme jamais. Aujourd’hui, avec la crise du lait, je perds un petit 5 000€ par mois. C’est énorme, confie Damien. Niveau salaire, je l’ai baissé par deux. Je dois payer les factures, les prêts en cours, le camion d’aliments, les assurances … Tout cela, je peine à le régler. J’ai un manque de trésorerie, en privilégiant les indemnités de mon unique salarié. Je ne souhaite pas du tout que la crise dure : on se démotive. Aux réseaux des jeunes agriculteurs, nous prônons pour l’installation de nouvelle génération d’agriculteurs. Si on n’abandonne, notre territoire sera vide alors qu’il est si vaste… ». Cette peur, accentuée chaque jours par des mouvements de contestations, est difficile à supporter pour le jeune agriculteur de 35 ans, parent d’une petite fille, en attente d’un deuxième enfant « Je me sens beaucoup plus rebelle qu’avant, nous dit-il tout discrètement. Nous avons tous envie d’un retour immédiat à la normal, si je puis dire. Aujourd’hui, je me lève le matin avec un peu moins de motivation qu’à mes débuts. Ce mec de trésorerie me turlupine : je ne le cache pas et la peur m’envahie quand je dois dire à mes fournisseurs que je ne peux pas le régler immédiatement. Dans les autres pays européens, par exemple, la main d’œuvre est à 3 euros. Comment pouvons-nous lutter ? »
Face à cette crise, nous sommes allés directement constater le quotidien des agriculteurs, au sein même de leur récolte. Dans quel état d’esprit vivent-ils ces événements ? Quelles décisions sont prises pour leur venir en aide ?

 


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